Documentaire choc sur un zoo humain qui a existé en France ! (Vidéo) #VillagedeBamboula

Une atteinte à la dignité humaine.


Ce sont des images qui devraient faire beaucoup faire parler, même 28 ans après les faits. Dans le cadre de sa « Soirée Continue », France Télévisions proposera le documentaire « le Village de Bamboula », ce jeudi 6 janvier à 22h35 sur France 3 Pays de la Loire et le mardi 18 janvier à 23h55 sur France 2. Ce programme signé Yoann de Montgrand et François Tchernia, revient, avec les concernés, sur l’histoire tragique et invraisemblable de la reconstitution d'un village de Côte d'Ivoire aux aspects de zoo humain, avec des conditions de travail illégales.

En 1994, le zoo « Safari Africain » de Port Saint Père (entre Nantes et Pornic), fait scandale en inaugurant son « Village de Bamboula ». Dans cette zone sont installés 25 hommes, femmes et enfants ivoiriens qui devaient, par contrat, être torse nu, travailler l’art traditionnel ou faire de la musique, tout en vivant jour et nuit dans des « cases » de fortune. Pire, au départ ils n'avaient ni visa de travail, ni salaire. Seule une indemnité avait été versée à leur village d'origine… Une opération scandaleuse qui était sponsorisée par la marque de biscuits Saint-Michel, afin de faire la promotion de ses gâteaux Bamboula !

Un biscuit pour enfant devenu l’emblème d’un zoo humain

Il y a quelques mois, Mediapart avait déjà consacré un long dossier à ce village touristique de la honte. On y apprenait notamment que ces femmes et hommes ignoraient ce que signifiait réellement le terme de « bamboula ». Ils se faisaient même, naïvement, une joie de venir en France afin de représenter leur pays et leurs traditions. Après plusieurs mois à être exploités dans ces conditions et à être considérés comme des animaux, les langues commencent à se délier, malgré la menace d’être renvoyés au pays en cas de plainte. Le directeur du parc se justifiait à l’époque en comparant leur situation à celle d’un cirque.

Face au silence étonnant des pouvoirs publics et des élus locaux, un collectif local, appuyé par SOS Racisme, lance « Non à la réserve humaine » et met fin, en septembre 1994 et après deux actions en justice, au projet. Ils appuyaient sur le fait que ce dernier rappelle « les zoos humains des expositions coloniales dans lesquelles on exposait à côté d'animaux des indigènes venus des colonies ». Le parc a ainsi été condamné en 1997 pour non-respect de la législation du travail. Revendu l’année suivante, le domaine a été rebaptisé « Planète Sauvage » afin de tenter de balayer sa très mauvaise image.

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