La régie publicitaire de la RATP, a apposé un moulin à vent sur la pipe de la campagne d'affichage de l’expo parisienne consacrée à Jacques Tati. Raison évoquée : la loi Evin, contre le tabac. Dans un communiqué, Métrobus affirme s'être bornée à une application scrupuleuse de la loi en vigueur et conformément à une “jurisprudence constante”. Roselyne Bachelot, ministre de la santé, est quant à elle opposée à cette transformation du cliché : “je ne suis pas pour enlever la pipe à Jacques Tati ! […] On frôle le ridicule avec cette histoire.” Gérard Audureau, président de l'Association Droits des non-fumeurs, est partagé : “je ne peux pas condamner sans pour autant cautionner cette retouche. […] la valeur publicitaire est attachée au nombre d'affiches et au lieu de diffusion […] mais on doit prendre en compte le point de vue historique.” L'ancien ministre de la santé Claude Evin a déclaré au micro de France Info : “la loi que j'ai fait adopter a pour objet d'interdire la propagande, et la publicité directe ou indirecte. [...] On n'est pas dans cette situation. Il s'agit d'un patrimoine culturel qui s'inscrit dans notre culture cinématographique […] cette polémique risque d'affaiblir le message de la lutte contre le tabagisme.” Enfin, la Cinémathèque, qui a été contrainte de fournir ces affiches, trouve cet “ajout ridicule pour une censure ridicule.”

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