Le milieu des antiquaires est agacé par Affaire Conclue ! #AffaireConclue

Deux clans s’opposent face au succès de l’émission.


« Tout le monde à quelque chose à vendre » et les fans d’Affaire Conclue l’ont bien compris. La quotidienne de Sophie Davant, diffusée depuis 2017 sur France 2, a donné naissance à des primes, des émissions spéciales, parfois avec des personnalités de la chaîne, et même un jeu de société pour s’entrainer entre amis ou en famille. Un succès qui déclenche donc des vocations chez les téléspectateurs amateurs d’art.


Alors que la médiatisation du métier grâce à l’émission apporte un nouveau public sur les puces et dans les boutiques, certains marchands d’art et d’antiquités ne voient pas forcément d’un bon œil cette popularité.


Les antiquaires constatent d’abord la multiplication d’enchères déraisonnables, avec des objets courants, comme des petits tableaux, parfois achetés 10 fois leur valeur ! Un phénomène qui s’est amplifié depuis les confinements, car la clientèle pousse aussi les portes des salles de ventes virtuelles avec leurs objets à vendre. Pour d’autres spécialistes du milieu, leur profession pâtit de l’émission, dont ils trouvent la mise en scène « vulgaire » et « déplacée » ! Le président de l’Association des marchés aux puces de Saint-Ouen, se souvient notamment qu’au lancement d’Affaire Conclue des liasses de billets circulaient devant les caméras…

On a constamment des clients qui se réfèrent à l’émission. […] Cette émission ne contribue pas à développer une connaissance de fond. L’objet est anecdotique, la seule valeur qui existe est monétaire, il manque une dimension culturelle. […] Pendant les confinements, une partie de la clientèle s’est tournée vers les salles de ventes virtuelles… Il est désormais possible de regarder Affaire conclue et de participer à une enchère depuis le même fauteuil.

Rémi Machard, président du Syndicat professionnel du marché de l’Antiquité


Évidemment, ceux qui participent activement au programme ne sont pas du même avis. Harold Hessel, commissaire-priseur depuis la première saison, tacle les critiques en les qualifiant de « conservateurs » et avoue que c’est une profession qui est finalement « restée attachée à son ancien statut ». De son côté, Michel Bimier estime que cela permet aux spectateurs de ne plus se faire avoir, en cédant à bas prix des objets à un marchand qui , lui, en connaît réellement la valeur.


Caroline Margeridon, vendeuse star du programme et à la tête de plusieurs boutiques aux puces de Saint-Ouen, précise que si au début elle était critiquée par son milieu, aujourd’hui Affaire Conclue a contribué grandement à dépoussiérer le monde de l’antiquité, amène surtout des clients et que finalement tout le monde y trouve son compte.

 

Source : Télérama

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