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Les agences pour l'emploi semblent être actuellement les cibles privilégiés des citoyens en grande précarité... Mais ces personnes communiquent leur geste désormais via internet pour faire passer leurs revendications dans les médias. Sansure dévoile ces méthodes modernes de prise d'otages avec deux affaires récentes.

Hier après-midi Christian Denisot retenait la directrice d'une agence Pôle Emploi du 11e arrondissement de Paris ainsi que son adjoint. Son chômage de longue durée non résolu est la raison de son geste. Cet informaticien de 45 ans n'a pas usé de violence pour cet acte qu'il a qualifié de “critiquable”, mais a souhaité faire passer ses revendications par les médias. Et pas n'importe lequel, il a d'abord choisi internet, et le site Rue89 dont il a appelé la rédaction : “Allo, j'ai pris deux otages à l'agence Pôle Emploi de Beaumarchais, dans le 11e arrondissement de Paris. Voici mes revendications.” Il évoque alors son chômage, le marché du travail pour gens agés de plus de 35 ans, et le sort des Palestiniens. Pierre Haski, journaliste chez Rue89, va retranscrire et enregistrer toutes les conversations téléphoniques (disponibles ici), deviens un confident, et alerte les médias. “Je veux des gros médias, pour valider nationalement. Après le 20 heures, il sera plus difficile à BHL et Finkielkraut de jeter un doute sur moi” affirme le preneur d'otages. Après deux heures de tensions, et une médiatisation immédiate de la prise d'otage, l'homme se rend avec... son arme factice ! Regardez le reportage de l'AFP :



Le 10 octobre après-midi, las d'être baladé de service en service, Mathieu Lourdel décide de faire une opération dans son Pôle Emploi du 10e arrondissement de Paris. L'homme va s'auto-prendre en otage et va filmer la scène en caméra cachée avec un complice. Dans la vidéo, et après un refus de rendez-vous, on le voit sortir un couteau et menacer de se trancher la gorge. “Je veux quelqu'un immédiatement qui traite mon dossier” hurle l'homme face au conseiller. Le geste peut sembler violent, pourtant cela ne semble guerre perturber l'agence dans l'immédiat... Quand un autre conseiller semble vouloir regarder son dossier, la sécurité intervient, puis la Police. Après 19 heures de garde à vue, il écoute son répondeur et entend que sa situation va se débloquer... Regardez son auto-prise d'otage (âmes sensibles s'abstenir) :

Ces deux faits ont donc deux points communs : prendre en otage ou se prendre en otage dans un établissement représentant l'emploi pour faire entendre ses revendications, et les médiatiser, les diffuser, les faire savoir via internet afin de déclencher une prise de conscience massive, jusqu'au plus haut niveau du pays. Cette façon de procéder est largement contestable, et risque malheureusement de se répéter à différents degrés de violence ou d'importance. Mais quelles sont les solutions de cette nouvelle forme de crise ? De son côté, le syndicat FO "s'inquiète de la montée en puissance des agressivités et des gestes d'incivilités observés dans l'ensemble des Pôles emploi d'Ile-de France". En urgence, un Comité d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) extraordinaire doit être organisé ces prochains jours.

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