Vous lisez les étiquettes, vous évitez le trop gras, le trop sucré, le trop salé. Vous choisissez le Skyr plutôt que le yaourt industriel, le muesli aux noix plutôt que les céréales chocolatées, le thon en boîte citronné plutôt que la charcuterie. Bonne nouvelle, vous êtes dans la bonne direction. Mauvaise nouvelle, vous vous faites peut-être quand même avoir !
Une enquête publiée mardi 7 avril dernier par l'association foodwatch vient de mettre en lumière quelque chose d'assez dérangeant : 10 produits courants, vendus dans nos supermarchés et affichant des promesses de naturalité ou de diététique, sont en réalité des aliments ultra-transformés. Des produits qu'on achète en se disant qu'on fait les bons choix.
Parmi les nommés : le Skyr Yoplait aux fruits rouges, le filet de thon au citron Saupiquet, le P'tit Onctueux au fromage blanc nature de Nestlé pour les tout-petits, le muesli 4 noix de la marque Repère Leclerc, les wraps de blé complet Old El Paso, la boisson à l'amande Alpro, le guacamole L'atelier Blini, le mélange d'assaisonnement Knorr, les carottes râpées Carrefour ou encore la salade Oslo de Pierre Martinet. Des produits que beaucoup d'entre nous ont déjà glissés dans leur panier.
Ce qui les réunit ? Une liste d'ingrédients qui contient systématiquement des marqueurs de l'ultra-transformation : des substances que personne n'a dans sa cuisine. Gomme xanthane, carraghénanes, mono- et diglycérides d'acides gras, gomme guar, glutamate de sodium, sorbate de potassium, amidons modifiés. Ces noms ne sonnent pas comme de la nourriture parce qu'ils n'en sont pas vraiment. Ce sont des agents de texture, des émulsifiants, des exhausteurs de goût, des conservateurs, ajoutés pour que le produit ait l'air appétissant plus longtemps, pour qu'il ne se désagrège pas et pour qu'il soit plus facile à avaler que son équivalent maison.
La méthode utilisée par foodwatch repose sur la classification NOVA, aujourd'hui la référence internationale dans la recherche épidémiologique. Elle divise les aliments en 4 groupes selon leur niveau de transformation, indépendamment de leur profil nutritionnel. C'est précisément là que le bât blesse : un aliment peut être pauvre en matières grasses, sans sucres ajoutés, riche en protéines, et pourtant appartenir au groupe 4 : celui des ultra-transformés. Le Nutri-Score ne le dit pas. L'emballage non plus. Et c'est exactement le problème que pointe foodwatch.
Car ce n'est pas une question de goût ou de tendance alimentaire. Plus d'une centaine d'études scientifiques, publiées fin 2025 dans la revue The Lancet avec la participation de chercheurs de l'Inserm, établissent un lien entre la consommation régulière d'aliments ultra-transformés et un risque accru de cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de surpoids, d'obésité et même de symptômes dépressifs. Les chercheurs précisent que ces effets ne s'expliquent pas uniquement par la composition nutritionnelle, mais aussi par la structure physique modifiée des aliments, la présence d'additifs industriels et leur impact sur le microbiote intestinal.
Et pourtant, en France, plus de 60% des produits emballés vendus en supermarché sont des aliments ultra-transformés. Ils représentent entre 30 et 35% des calories ingérées par les adultes, et jusqu'à 49% chez les enfants.
Dans ce contexte, le consommateur est laissé seul face à une énigme que même les plus attentifs n'arrivent pas à résoudre au rayon frais. Foodwatch demande donc ce qui semble être une évidence : un étiquetage obligatoire en face avant des emballages, signalant clairement l'ultra-transformation en complément du Nutri-Score. Pas pour interdire, pas pour culpabiliser, mais pour enfin informer honnêtement.
On peut comprendre que l'industrie agroalimentaire rechigne. Coller « ultra-transformé » sur un emballage, c'est un peu comme mettre les calories sur les menus de restaurant : ça change ce qu'on commande. Mais c'est précisément le but.
En attendant que les politiques bougent, et foodwatch les presse de le faire, il reste une chose simple à faire : retourner l'emballage. Si la liste d'ingrédients ressemble à un cours de chimie, c'est rarement bon signe.
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5 produits de fêtes épinglés par foodwatch ! #JoyeuxNoël - SANSURE.FR
Ingrédient absent, huile de palme, nitrine de sodium, ... Quelle est " la pire arnaque de Noël " des rayons de supermarchés ? Foodwatch propose à nouveau cette année de voter pour la " cassero...
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