Interview exclusive de Olivier Giraud ! #HowToBecomeParisianInOneHour

Vous jouez « How To Become Parisian In One Hour » depuis 2009, et le spectacle continue d’attirer les foules. Quelle est selon vous la raison d’un tel succès ?

Le spectacle cible beaucoup de personnes, tout d’abord les Parisiens, mais aussi les provinciaux qui habitent à Paris, les expatriés qui se doivent de devenir Parisien, et les touristes qui sont intéressés par les Parisiens et la vie à Paris. Mais dans l’ensemble je pense que tout le monde passe un bon moment, puis c’est assez unique de se retrouver avec 20 ou 30 nationalités dans la même salle, cela rend le spectacle atypique.

Après 6 années passées à jouer le même one man show, n’êtes-vous pas un peu lassé ?

Ah non, pas du tout ! Au contraire, j’aime de plus en plus ce que je fais, le spectacle évolue sans arrêt, et moi-même, je me forme encore sur scène, sur les mimiques… Je prends vraiment beaucoup de plaisir, et c’est toujours très différent puisque le public est différent chaque soir, et comme il y a beaucoup d’interactions avec le public je m’éclate ! Je jouerais d’ailleurs la 1 000ème du spectacle dans un mois.

Plus de 500 000 spectateurs sont venu assister au spectacle, dont de très nombreuses nationalités. Quel est le public le plus facile à conquérir ? Et le plus difficile ?

Les Américains sont les plus faciles à conquérir, car ils sont très volontaire, déjà tout petits à l’école, les élèves sont très participatif, tout le monde lève le doigt, etc. Les pires ce sont les Français ! Nous ne sommes pas du tout volontaires, c’est horrible ! Moi le premier, si je me rends à un spectacle et que le comédien souhaite me faire monter sur scène, c’est hors de question.

Songez-vous à monter sur scène avec un nouveau spectacle ?

Pour l’instant je pense que je vais encore continuer avec celui-là, tant que ça marche, parce que j’y prends beaucoup de plaisir et que je n’ai pas du tout envie de jouer en Français. Il y a une cinquantaine d’humoristes qui le font déjà et qui sont super bons, je ne vois pas ce que je pourrais apporter de plus. Tandis que là je m’éclate, il n’y a personne qui joue un spectacle intégralement en Anglais, et je ne vois pas trop ce que je pourrais raconter en Français… Si c’est pour faire comme tout le monde, parler de la relation hommes/femmes, des habitudes… Cela ne m’intéresse pas tant que ça. Avec ce spectacle, j’ai la chance d’avoir des spectateurs de tous les pays, je suis invité partout, en Inde, en Arabie Saoudite, c’est fou ! J’ai une relation avec le public que je n’aurai pas s’il était entièrement constitué de Français.

Depuis peu, à Berlin, le comédien Karsten Kaie est à l’affiche de la version germanique du spectacle intitulée « How To Become Berliner In One Hour », que vous mettez en scène. Comptez-vous lancer une sorte de franchise de ce spectacle, en l’installant en Espagne, en Italie, au Portugal, etc ?

Non, pas du tout. C’est la seule et unique fois que cela se fera. Karsten Kaie était venu me voir sur scène il y a deux ans, c’est un comédien très connu là-bas, quelqu’un de vraiment très bien, qui m’a proposé d’adapter le spectacle à Berlin et je l’ai fait, mais je ne le referais plus. Il est très bon, j’ai vu les deux premières et ça s’est bien passé. Mais je ne compte pas en faire un ‘McDo’, et installer le spectacle un peu partout. J’ai eu beaucoup de demandes d’adaptation, mais j’ai refusé. Cela prend beaucoup de temps à faire, beaucoup d’énergie.

Si votre spectacle était traduit en Français et joué aux Etats-Unis fonctionnerait-il aussi bien ?

Ca ne marcherait pas car il n’y aurait que des Français dans la salle et que le public ciblé serait donc beaucoup moins large, il n’y aurait plus ce mélange de nationalités.

Le nom de votre société de production, French Arrogance Prod, vient du fait qu’à vos débuts, nombreux ont été les producteurs à vous snober trouvant qu’un one man show entièrement en anglais n’avait pas sa place à Paris. Depuis, certains d’entre eux sont-ils déjà revenus vous voir en vous faisant les yeux doux ?

Oui, il y en a eu quelques-uns mais ils ont vite compris que je n’avais pas besoin d’eux, car un producteur c’est juste un financier qui donne de l’argent pour que votre affiche soit placardée dans le métro, et moi ça ne me servait pas à grand chose. Certains m’ont dit : « Tu vas devenir une star grâce à moi, tu vas faire de la télé ». Mais en ce qui me concerne, ça ne m’apporte pas grand chose d’en faire à part le fait d’avoir plus de monde mais ce n’est pas du tout mon objectif que de faire de la télé. Après si j’en fais dans le cadre de la promotion de mon spectacle c’est bien, mais faire de la télé pour faire de la télé ou devenir l’humoriste d’une émission je ne le ferais pas. Il y en a qui sont très bon pour le faire, à l’instar d’Ary Abittan qui est excellent par exemple.

Les critiques sont unanimes et encensent le spectacle et votre performance scénique, mais beaucoup disent que la seconde partie du spectacle qui comporte quelques connotations légèrement sexuelles n’est pas forcément nécessaire, et casse le côté « bon enfant » de la première partie du show. Qu’auriez-vous à leur dire?

Il y a surement quelques personnes qui sont choquées, c’est sûr que si tu es ultra catholique ça peut te choquer. Mais je ne tombe pas dans le trash, après si tu me vois à quatre pattes et que tu le prends mal, tant pis ! J’ai plus de 4 000 avis de spectateurs sur le site BilletReduc par exemple, et si j’avais eu plusieurs critiques me disant que c’était trash, vul-gaire… J’aurai changé ! Mais on a dû me le dire que dix fois, et puis après tu ne peux pas plaire à tout le monde, c’est impossible. Le but c’est plus de traumatiser les gens en fait ! (rires) A la suite du spectacle, je reçois des mails où les gens me disent qu’à cause de moi, ils rigolent pendant l’acte.

Est-ce pour ses raisons que le spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans ?

Non, pas du tout c’est par rapport aux Américains qui sont très prude. Une fois, un Américain est venu me voir et m’a dit : « C’est incroyable, votre spectacle est pornographique, heureusement que ma fille de 21ans n’est pas venue » ! Donc je préviens, au cas où il y aurait de jeunes Américains qui souhaiteraient assister au spectacle.

Avez-vous lu le livre « A Year In The Merde » de Stephen Clarke ? Vous en êtes-vous inspiré pour le spectacle ?

Je l’ai lu, j’ai trouvé ça très bien, mais ça ne m’a pas vraiment inspiré pour le spectacle.

Actuellement, Norbert Tarayre, cuisiner et ex-participant de l’émission Top Chef, se raconte sur scène et reviens notamment sur son parcours culinaire. N’avez-vous jamais eu envie de raconter vos 6 années d’expérience en tant que Maître d’Hôtel d’un palace en Floride ?

Non, parce que je ne sais pas si cela intéresserait beaucoup de gens. Certaines anecdotes peuvent être sympas, mais j’en parle déjà un peu dans le spectacle avec la scène du restaurant ou quand je fais l’imitation de l’Américaine. Je m’inspire directement des milliers de clients que j’ai pu servir. C’est exactement ce que j’ai vécu.

Le succès de votre spectacle est principalement dû au bouche à oreille… N’êtes-vous pas parfois frustré de ne pas être un peu plus médiatisé ? Auriez-vous aimé participer à une émission comme « On n’demande qu’à en rire » pour vous faire connaître d’avantage ?

L'émission a été très utile pour quelques humoristes, mais je n'ai jamais ressenti le besoin de faire cette émission car elle peut vraiment casser un humoriste, quoi de plus horrible que de se faire humilier devant plusieurs millions de téléspectateurs... Pour ce qui est d’être un peu plus médiatisé, j’ai des petits trucs comme récemment où j’ai fait le JT de France 3, il y a aussi eu le JT d’M6, le JT de 13h de France 2. Il y a aussi eu beaucoup d’articles durant ces 6 ans. Mais c’est le bouche à oreille qui fonctionne le mieux, et tant mieux car c’est le plus important.

Quand on voit le succès qu’a eu Dany Boon avec « Bienvenue chez les Ch’tis », et celui de votre spectacle, cela ne vous donne pas envie de réaliser un long métrage, où un Américain serait confronté à la vie Parisienne ?

Le spectacle pourrait être adaptable sous forme de film, mais ça s’est déjà fait, notamment récemment avec le film « 2 days in Paris » qui aborde la difficulté que l’on peut rencontrer pour s’intégrer à Paris. Mais je n’ai jamais vraiment pensé à faire un film. Actuellement, je suis en train d’écrire un livre, une sorte de guide de survie de la vie à Paris.

Quelles sont vos références en matière de comédiens ou d’humoristes ?

J’aime beaucoup Jean Dujardin, je trouve que c’est un super comédien, il me fait vraiment rire. Pour ce qui est des humoristes, j’aime bien le Comte de Bouderbala, Constance qui est géniale, Gad Elmaleh… J’aime beaucoup Anne Roumanoff également, après on aime ou on n’aime pas, chacun ses goûts mais moi j’aime bien, je la trouve très drôle et quand tu vas la voir sur scène, les gens rient sans arrêt. Ses textes sont super efficaces et très bien écrit.

Merci à Claudie Pichon et Olivier Giraud pour leur accueil.

Découvrez un extrait du spectacle de Olivier Giraud

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