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C’est le vendredi 8 février 2008 que nous avons rendez-vous avec Lomig Guillo, rédacteur en chef du magazine FHM. Après plus d’une heure passée dans les transports, et une course folle dans le 15ème arrondissement de Paris, il est 10h25 quand nous arrivons enfin au siège de Mondadori France, éditeur du magazine. A l’accueil, de délicieuses mannequins défilent sous nos yeux, sans doute en partance pour une séance photo pour Biba ou un autre magazine du groupe ! Enfin, c’est dans une ambiance chaleureuse et détendue que nous accueille Lomig en toute simplicité, pour une entrevue au sujet de la nouvelle formule de FHM...

Sansure : Vous êtes présent dans quelques pages de FHM, vous avez assuré la promo télé des deux derniers numéros, vous êtes très disponible pour les interviews. Toute cette présence c’est parce que vous aimeriez être un people ?

Lomig Guillo : Si j’en rêve, évidemment ! Non, pas du tout. D’abord j’ai pas demandé spécialement à faire la pub pour le journal, c’est juste qu’en fait on se rend compte que le journal a besoin d’être incarné. Le premier truc, c’est que j’essaie de faire le journal que j’aimerai lire, et donc d’être finalement un peu le lecteur type. Plutôt que de montrer tout le temps le journal, c’est important de montrer aussi qui le fait, et de le rendre un peu plus concret. Pour répondre à la question, je ne vais pas dire que cela me déplait d’être exposé, mais je ne cherche pas spécialement.

Et si justement on mélange le côté people et le côté rédacteur en chef, que pensez-vous du magazine Guts lancé par Cauet ?

Moi je trouvais ça plutôt malin de sa part. C’est super difficile aujourd’hui de lancer un magazine. Dans les kiosques il y a 2 000 titres, donc c’est compliqué d’émerger au milieu de tout ça, et de se faire remarquer. Donc profiter de sa notoriété pour lancer un magazine, c’était plutôt bien vu. Ca a pas fonctionné puisqu’ils ont eu des problèmes du fait que Cauet soir une marque aujourd’hui. En plus, le peu de fois ou j’ai pu discuter avec lui j’avais vraiment l’impression que c’était un truc qui lui tenait à cœur, et qu’il s’était vraiment impliqué dedans. C’est un peu paradoxal, vous dites que moi je voudrais devenir un people, et puis les people ils veulent tous faire des journaux. Parce que quand on regarde finalement, dans les gens de télé y’a quand même : Karl Zéro qui avait lancé son magazine, Ardisson qui a lancé Entrevue mais qui rêve toujours de faire de la presse, Cauet, je suis sur qu’il y en a d’autres qui ne me viennent pas à l’esprit. C’est un peu comme pleins de journalistes qui écrivent des livres. On a l’impression que chacun cherche la reconnaissance ailleurs que dans son propre médias ! Mais c’est aussi intéressant que des gens qui ont des expériences différentes apportent leur savoir faire à d’autres supports. Tout le monde parle de convergence entre les différents médias, la télé, internet, le papier, etc, alors cela commence par les gens qui peuvent passer de l’un à l’autre, et puis apporter des façons de faire. Je pense que Cauet pour le coup, il a apporté beaucoup de son côté très visuel à un magazine, c’est important.

Vous avez été nommé rédacteur en chef en 2000. Mais quel est votre parcours professionnel ?

Comme études j’ai pas fait grand chose : j’ai fait un DEUG de lettres modernes. Et je suis rentré en 1994 chez Hachette, qui ont fait un concours pour recruter des journalistes et les former en interne, j’ai fait ça pendant un an, avec différents stages dans plusieurs rédactions, dont Entrevue à l’époque qui appartenait encore à Ardisson. Après j’ai travaillé pour un peu tous les masculins de l’époque, c'est-à-dire : L’écho des savanes, Entrevue un peu, Newlook. J’ai travaillé aussi pour de la presse jeune : Ok Podium, Girls. De la presse people : Gala, … Enfin j’ai fait pas mal de piges. J’ai fait de la radio en parallèle, donc j’ai fait à l’époque, seul, pendant 2 ans, le morning sur Rires et Chansons, ça c’était en 1997 et 1998. Et puis en 1998 je suis arrivé pour commencer à travailler sur le projet de FHM, en tant que pigiste. Je suis parti un moment car j’ai voulu travailler en presse féminine, je suis parti travailler quelques mois pour 20 ans, en 2002, mais l’expérience n’a pas été concluante. Et je suis revenu, j’ai eu la chance qu’on me reprenne à FHM. C’est un journal qui me correspond. Cela n’a pas forcement été le cas tout le temps, mais quand vraiment je suis arrivé au début du journal, c’était vraiment pour faire le journal que j’avais envie de lire. Et aujourd’hui c’est vrai que c’est à nouveau le cas avec la nouvelle formule.

Combien de personnes travaillent pour FHM ?

C’est difficile à dire… En permanent il y a 16 personnes à la rédaction, plus après tous les autres services : pub, vente, etc. Après en pigistes, il y a au moins une trentaine de pigistes plus ou moins réguliers qui collaborent au magazine, entre : ceux qui écrivent, les photographes, les illustrateurs, les stylistes, etc.

Selon vous, quel est le principal avantage et le principal défaut de votre magazine, par rapport aux autres titres de presse masculine ?

C’est qu’il n’y en a plus beaucoup d’autres magazines de presse masculine ! C’est à la fois un avantage parce que là on est un peu tranquille, et puis un inconvénient parce que c’est pas très motivant quand on a pas de concurrents ou de gens qui nous poussent. Là, il y a un nouveau qui arrive avec GQ à la fin du mois. On regarde évidement. Ils ont un positionnement assez différent : ils vont avoir des hommes sur toutes les couvertures, c’est plus haut de gamme, plus mode, il s’adresse à des lecteurs plus âgés. Mais justement, c’est intéressant car on va avoir un concurrent un peu sérieux, c’est toujours motivant. Après sur les autres, on est plus généraliste. Par exemples : Entrevue qui est un peu un masculin qui est très people, très télé ; Newlook qui est très sexe ; L’optimum qui est très mode. Donc voilà c’est à la fois un avantage parce qu’on parle de tout, et puis un inconvénient puisque il est toujours difficile d’avoir une vraie raison de l’acheter tous les mois quand on est lecteur, autre que d’avoir une fille sexy en couverture. C’est agréable à lire, on essaie, que ce soit divertissant, complet, mais en même temps c’est pas totalement indispensable de l’avoir tous les mois. On peut se dire que Entrevue si on l’a pas lu, on a raté quelque chose, dont tous ses potes vont parler. Nous, le truc qu’on peut rater éventuellement, c’est la fille en couverture. On essaie d’avoir la fille la plus connue, celle dont on a envie de parler le mois où on sort, pour justement créer autour de ça une petite surprise. Virginie Efira, c’est la première fois qu’elle est comme ça sur un masculin, donc c’est une petite surprise. Alizée, même si elle est pas très sexy, c’est une surprise quand même de la voir dans FHM.

Justement, en parlant de couverture, le FHM allemand a publié en couverture et à l’intérieur d’un numéro des photos retouchées de la chanteuse Rihanna. Avez-vous déjà utilisé ce genre de procédé en France ?

C’est vrai que ce sont des photos retouchées. Elle n’est absolument pas nue à l’origine, puisque les photos ont étés publiées dans le FHM anglais, en version habillée. J’ai pas réussi à joindre le rédacteur en chef allemand, donc je ne sais pas exactement ce qu’ils ont fait. Si c’est que sur internet qu’il y a ces photos retouchées, ou si elles ont étés effectivement publiées dans le magazine. Pour répondre à la question, on a fait une fois une couverture, mais qui était marquée “photo montage”, avec dix animatrices de la télé dont on avait collé les têtes sur des corps de mannequin. Autrement non. C’est assez bizarre le truc allemand, parce que tout le monde a cru qu’elle avait posé nue, alors que ce sont effectivement des photos qui n’existent pas, justes retouchées.

FHM est un magazine international. La rédaction française prend t-elle en compte les éditions étrangères de FHM ?

Oui, forcement puisqu’on bénéficie d’un réseau international. Donc par exemple pour certaines couvertures il y a des “deals” qui sont faits au niveau de plusieurs éditions, pour pouvoir avoir justement Rihanna en couverture ou d’autres filles. Il y a certains sujets, reportages, que l’on peut faire en commun, ou que l’on peut s’échanger. Quand nous on fait notre calendrier avec Clara Morgane c’est repris dans plusieurs éditions. Après il y a des pays où les marchés sont plus petits donc il y a des plus petites équipes, où ils reprennent beaucoup de choses du FHM anglais. Nous on a une grosse équipe, et on produit 90 à 95% de notre contenu.

Il y a eu un premier changement de formule en 2004, puis à nouveau cette année un changement de formule avec 180 000 exemplaires vendus en janvier. Dans le numéro de février un sondage invite les lecteurs à donner leur avis sur l’éventuel disparition du magazine. Quel est l’avenir du magazine papier FHM ?

En fait, on change de formule tous les 18 mois à peu près. Il y a des changements parce qu’on a un public qui change rapidement, qui se lasse, donc on fait bouger régulièrement le magazine et la maquette. Il y a eu une première évolution vers ce qu’on fait aujourd’hui l’année dernière. La question du sondage c’est juste pour quantifié l’attachement des lecteurs au titre. L’avenir du papier, tous les magazines peuvent s’arrêter un jour… Là, je pense que, vu ce qui a été investi par le groupe sur la nouvelle formule (la pub télé, …), le but c’est vraiment de relancer le titre et de l’installer dans la durée.

Vous avez actuellement une moyenne de 18 000 abonnés. Combien en attendez-vous grâce à la nouvelle formule ?

En terme d’abonnés, je crois le plus qu’on ai eu c’est 20 000. Donc c’est d’être autour de 20 000.

Quelles personnalités françaises ont refusé de faire la couverture de FHM ?

Oh, plein ! Alizée jusque là elle avait refusé. Virginie Efira jusque là elle avait refusé. Laure Manaudou on lui a proposé plein de fois, y compris le temps avant le scandale de ses photos, elle a refusé. En gros, toutes les filles sexy qu’on a jamais vu en couverture de FHM, on a forcement un jour essayé de leur demandé. Cela peut être Melissa Theuriau, cela peut être Lorie, … Si vous prenez le classement des 100 stars les plus sexy qu’on fait tous les ans, il y en a dedans un certain nombre qu’on jamais fait la couverture de FHM, mais on leur a sans doute et forcement demandé à un moment ou à un autre. Y’en a qui ont fait la couverture de FHM une fois, qui ont refusé de la faire depuis parce que leur image a évolué ou c’est plus leur priorité. Jenifer par exemple, on a fait une couverture avec elle dès qu’elle est sortie de la Star Ac’, et on aurait bien voulu la refaire plus récemment mais ce n’est pas dans ses priorités pour le moment, même si elle a une image assez sexy.

Pourtant pour la nouvelle formule, vous aviez fait un essai avec Jenifer en couverture ?

C’est vrai ! Vous avez bien vu ! Oui, parce qu’en fait on regarde un peu à la fois quelles sont les personnalités qu’on peut contacter, les séries photos qui existent auprès d’agences photos qu’on peut éventuellement racheter, et cela faisait partie des pistes envisagées.

Cette année, qui verriez-vous succédez à Melissa Theuriau dans le classement des “100 stars les plus sexy” ?

Carla Bruni ! (rires) Je sais pas, ce sont les lecteurs qui votent donc c’est assez difficile. Je dit ça par ce que à chaque fois on voit que les lecteurs votent pour l’aspect sexy mais ils votent quand même vachement en rapport avec l’actualité. Vu que c’est quand même elle dont on parle le plus en ce moment, pourquoi pas. Mais autrement, non je ne sais pas… Laure Manaudou pourquoi pas, Rihanna pourquoi pas dans une star un peu plus internationale.

Quelle est la rubrique la moins évidente à réaliser ? Et pour quelle raison ?

La couverture toujours, parce que c’est ce qui demande le plus de temps, ce qui est le plus compliqué. Par ce que c’est ce qui doit faire vendre le magazine. Et plus cher aussi à faire, puisque ce sont des photos, soit qu’on achète, soit qu’on produit. Donc comme on essaie d’avoir les plus belles photos possibles, contrairement à certains magazine on ne vole pas les photos, on fait toujours cela en accord avec la fille. Soit on les achètent en agence, soit on les produit, on les fabriquent nous même. Mais en y mettant toujours beaucoup de moyens pour avoir vraiment les plus belles photos possibles, donc c’est aussi une partie du magazine qui coûte assez cher.

Combien peut coûter une photo de couverture ?

Cela peut coûter de 0 à 15 000 euros. Mais ce n’est pas une photo en général, on achète une série, et on négocie un nombre de photos plus la couverture. En gros, on peut dire que une couverture, la moyenne, c’est entre 6 000 et 12 000 euros. Quanc ce sont de photos d’agence, il y a des grilles tarifaires reliées à la diffusion du magazine, cela dépend si c’est fait spécialement pour nous, si c’est une exclusivité, si c’est des choses qui ont étés publiées à l’étranger ou en France. Voilà, il y a plein de cas de figure, cela vous donne une fourchette.

Est-ce volontaire de ne pas indiquer les dates de parution des prochains numéros de FHM ?

On le marquait avant, je pense que c’est un oublie si on ne le marque plus. Avant on le marquait dans l’ours, dans le début du magazine. C’est que cela a pas mal bougé en fait ces dernier temps. On a essayé plusieurs dates de sortie pour voir ce qui nous convenait le mieux.

Cela veut dire que vous hésitez à être un mensuel ?

Non. Les dates elles sont sur le site de la pub, elles doivent être indiquées, pour les annonceur il y a le calendrier des dates de parution. On a fait une fois, une page en annonçant la couverture du mois d’après, une seule fois. C’était à l’époque des Colocataires sur M6, on avait fait des photos de Jessica Falour qui était à l’intérieur, on était très content de nous car elle était très dénudée. Donc on avait fait une belle page pour l’annoncer le mois prochain en couverture de FHM, et on s’est fait scanné la photo par Entrevue-Choc (à l’époque) et ils l’ont publié en couverture, 15 jours avant nous. Donc cela nous a un peu servi de leçon. Ils ont été attaqués et ils ont payé, mais nous ça nous a un peu grillé notre coup ! Donc depuis on s’est dit que cela n’était pas une bonne idée, et qu’on ne le referai plus.

En janvier, le journal l’Équipe vous a attaqué pour injure publique, suite à la publication en décembre 2007 d’une interview de Philippe Lucas, dans laquelle il avait déclaré “Mais l'Équipe, comme ils ne veulent pas se fâcher avec leur source d'infos, c'est la voix de la fédé. Ces mecs-là, non seulement ils sucent mais en plus ils avalent !”. Qu’en est-il de cette affaire et quelle a été votre réaction ?

On a été assez surpris, parce que c’est assez rare qu’un journal attaque un autre journal. En même temps, c’est sur qu’on peut comprendre qu’ils se sentent insultés. Alors ils attaquent en parallèle Philippe Lucas, puisque c’est lui qui a tenu les propos. C’est vrai que nous on les as publiés, donc on est co-responsables, donc voilà on assume. On comprend qu’ils soient vexés, on comprend qu’ils se sentent insultés, après bon on aurait peut être pu essayer de trouver un moyen de régler l’affaire autrement que devant les tribunaux. Cela sera jugé, je crois une première fois en mars, on verra. Si on est condamné, la justice tranchera.

FHM souhaite avoir une présente plus forte sur internet. Quelles sont les prochaines nouveautés de FHM.fr ?

On travaille sur un nouveau site, sans doute pour le printemps. C’est vrai que pour le moment on a un site qui est un peu en sommeil depuis quelques temps. On a un blog qui est plus ou moins suivit selon ce qu’on y met, qui marche plutôt pas mal. Donc on travaille sur un site pour sans doute le mois de mai, on espère que ce sera prêt pour le mois de mai. Qu’il soit complémentaire du magazine, c'est-à-dire qu’aujourd’hui le magazine est un peu plus adulte, moins sexy, plus pratique. On va faire un site pas moins sexy, parce que cela reste quelque chose d’important sur internet, et puis aujourd’hui les gens qui achetait FHM pour avoir de photos sexy vont les chercher sur le net. Mais d’avoir aussi un site qui répond à cette demande de conseils plus pratiques des lecteurs et des hommes.

Un lien s’installe entre FHM et Sansure

On vous a piqué une idée le mois dernier… J’assume (rires) On trouve des inspirations partout. J’ai vu que vous l’aviez signalé, y’a pas de problème. Tous les magazines font des revues de presse et cherchent dans les journaux français ou étranger des idées qui remettent après à leur sauce. […] De liens en liens, on trouve aussi nous via Sansure !

Vous en pensez quoi de Sansure ?

J’aimerai bien qu’il y ai plus de choses. Je reste un peu sur ma faim. Je trouve cela vraiment bien fait. Je trouve qu’il y a quand même pas mal d’infos qui sont assez justes. Il On trouve tellement tout et n’importe quoi sur les sites en ce moment. Je vous trouve assez crédible, tout ce que vous avez. C’est suffisamment rare pour être signalé ! La preuve encore : vous cité notre nombre d’abonnés et vous aviez trouvé les couvertures qu’on avait testé.

 
Propos recueillis par Lucas G. et Sébastien B.
 

LE PREMIER + DE SANSURE : CONCOURS Gagnez 5 exemplaires du prochain FHM !

LE CONCOURS EST TERMINÉ
LES GAGNANTS SONT LES PSEUDOS : Julien - Dhy - Ewen - Maurane - Leroy

Pour participer au tirage au sort qui aura lieu le 15 mars 2008 à 23h59, et qui déterminera les 5 gagnants qui recevront le prochain numéro de FHM (n°105), laissez un commentaire : en précisant que vous souhaitez participer au concours, et une adresse mail valide. Les gagnants seront annoncés ici dans la journée du 16 mars 2008, et contactés par mail pour recevoir leur exemplaire de FHM !
 
LE DEUXIÈME + DE SANSURE : A découvrir dans quelques jours...  Teaser !

 
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