Polémique autour d’un dessin de Xavier Gorce dans Le Monde ! #Presse

Le dessinateur a annoncé se mettre en retrait du journal.


Le Monde est-il toujours Charlie ? En pleine actualité sur l’inceste, notamment avec la parution du livre choc de Camille Kouchner, le dessin ci-dessus de Xavier Gorce n’a pas été assumé par le quotidien. Mais face aux réactions sur les réseaux sociaux, la directrice de la rédaction du Monde s’est excusée de l’avoir publié mardi dernier dans la newsletter « Le Brief du monde ». Caroline Monnot y défend « une cohérence éditoriale » :

Ce dessin peut en effet être lu comme une relativisation de la gravité des faits d’inceste, en des termes déplacés vis-à-vis des victimes et des personnes transgenres. Le Monde tient à s’excuser de cette erreur auprès des lectrices et lecteurs qui ont pu en être choqués. Nous tenons également à rappeler notre engagement, illustré par de nombreux articles ces derniers mois, pour une meilleure prise en compte, par la société et par la justice, des actes d’inceste, ainsi qu’en faveur d’une stricte égalité du traitement entre toutes les personnes.

Caroline Monnot, directrice de la rédaction du Monde

En écartant ce visuel, le titre de presse relance le débat sur le droit à la caricature dans ses colonnes. Pourtant, sur le blog à dessins de Xavier Gorce, le visuel litigieux était toujours en ligne au moment où l’on écrit ces lignes. Quelques artistes, comme Nicolas Bedos et Raphaël Enthoven, ont soutenu sur les réseaux sociaux le travail de l’illustrateur.

De son côté, Xavier Gorce a finalement annoncé mercredi se mettre en retrait du journal de façon définitive. Le dessinateur, qui travaillait depuis 18 ans pour Le Monde, a déjà prévu de faire d’autres annonces… Cela ne serait donc que le début de la polémique ? Le directeur du Monde a tenté une nouvelle mise au point, réaffirmant "son engagement en faveur du dessin de presse et de la liberté d’expression, tout en demeurant vigilant sur sa liberté de publier en restant fidèle à ses valeurs".

Si les rédactions ne résistent pas à la pression des réseaux sociaux, que ce soit pour des raisons d'image ou par peur des campagnes de dénigrement aux implications économiques, elles peuvent être tentées de faire table rase des choses jugées incorrectes ou offensantes comme peut parfois l'être le dessin de presse.

Xavier Gorce dans Le Point

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