Polémiques autour du documentaire Hold-up ! (Vidéos) #Holdup

Covid et complot, même combat.


C’est un documentaire qui ne laisse personne indifférent depuis quelques jours. « Hold-up » prétend dévoiler toute la conspiration mondiale à l'origine de l'épidémie de coronavirus. Le film a été réalisé par Pierre Barnérias, un ancien reporter de guerre, ex-journaliste à Franceinfo et passionné par l’au-delà.

Un projet financé par une campagne de crowdfunding sur Ulule et Tipeee, qui s’est élevée à 200 000 euros, et qui est soutenu par une poignée de célébrités, dont Sophie Marceau et Joey Starr. Mais il est aussi énormément commenté par beaucoup de journalistes et très débattu sur les réseaux sociaux, car le sujet était notamment en top tweet vendredi dernier. Car le doc tire sur tout ce qui bouge : il s'en prend à l’État, aux médias, à la communauté scientifique, aux laboratoires pharmaceutiques, etc.

Un documentaire en ligne qui est vraiment probablement l'une des vidéos complotistes virales francophones les plus inquiétantes que j'ai pu voir ces dernières années.

Tristan Mendès France, maître de conférences et collaborateur à l'Observatoire du conspirationnisme

Manipulation de sources, comparaisons exagérées, recyclage d’intox et de rumeurs, …

Durant les 2 heures et 49 minutes, il n’y a aucune forme de contraction sur tout ce qui est dit. Et les nombreux intervenants ne donnent pas la moindre source de ce qu’ils avancent, parfois hors contexte et sans chronologie. La présence de quelques personnalités connues du grand public accrédite alors tout ce qui peut être dit dans le film. Comme l’ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, ou encore le prix Nobel de médecine 2008, le professeur Luc Montagnier.

Mais certains témoignages franchissent la ligne jaune. A l’image de la sociologue Monique Pinçon-Charlot qui parle « d'holocauste ». Elle affirme que les élites souhaitent commettre une extermination de masse contre les pauvres… Un thème dangereux qu’elle recycle depuis quelques années, quel que soit les sujets : le dérèglement climatique, la pénurie de masques, le fiasco des tests, … Il y a aussi le générique de fin avec la « net profileuse » Nadine Touzeau qui brosse un portrait rapide et caricatural de Laurent Alexandre, haut fonctionnaire et médecin de formation, et d’Anthony Fauci, immunologue américain. Cette même dame qui a été condamnée en 2014 pour escroquerie et de tentative d’escroquerie…

CheckNews de Libération a pointé quelques contre-vérités véhiculées par « Hold-up ». Les journalistes n’ont pas eu trop de mal à infirmer les propos, tel que l’inutilité du confinement, la délation rémunérée des médecins, des prédictions sur la fin de l’épidémie ou encore que l’Institut Pasteur a créé le virus…

L’AFP a également confirmé et démenti une dizaine d'affirmations fausses ou trompeuses. Par exemple, le Great Reset soi-disant créé par « une élite mondiale (...) qui veut soumettre l'humanité » et qui serait dirigé par des personnes finançant le Forum Économique Mondial de Davos, est en réalité le nom d’un « engagement à construire ensemble une économie plus juste et plus durable après la crise sanitaire ».

Certains interviewés s’estiment piégés.

Le documentaire n’aurait rien à voir avec l’angle d’origine. C’est ce que confirme quelques intervenants lorsqu’ils ont découvert le montage final avec leurs propos retenus. C’est le cas de Philippe Douste Blazy, qui y a participé et qui aujourd’hui se désolidarise totalement du film et demande d'en être retiré. Il a affirmé sur RTL qu’il a été piégé par l'un des producteurs, Christophe Cossé.

Le film, rendu gratuit sur les plateformes Vimeo, Dailymotion et Odysee par ses producteurs, afin que le plus de personnes le regardent, a finalement été censuré quelques heures après en raison de restrictions de droits d’utilisation d’images et de musiques...

De son côté, le patron de Ulule a annoncé sur son compte Twitter « reverser l'intégralité de la commission perçue à une association de défense de l'information ». Quelques députés se sont inquiétés face au succès de ce documentaire, comme Mounir Mahjoubi, ancien secrétaire d'Etat chargé du Numérique, qui a réclamé la démission de Martine Wonner, du groupe Libertés et Territoires et ex-LREM, qui participe au film.

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