Pourquoi Le Monde, Télérama et Brut n’ont pas parlé de l’affaire Besson ? #censure

L’hypocrisie de cette presse enfin expliquée.


Le plus influent des producteurs de cinéma français a été mis en cause par une dizaine actrices depuis mai dernier. Ces femmes l’accusent de harcèlement ou de violences sexuelles. Mais Le Monde, Télérama et Brut n’ont pas parlé de cette affaire... Pourquoi ces médias ont été les seuls à faire l'impasse sur les déboires de Luc Besson ? C’est un article d’Arrêt Sur Images qui apporte les réponses.

Pour des raisons bien différentes.

Enquêtes, « task force » de journalistes et de nombreux articles prouvent que Le Monde ne prend pas à la légère son traitement des violences sexuelles. Mais sur l’affaire Besson, le journal n’a fait que reprendre une seule dépêche de l’AFP. Pourtant, deux journalistes préparaient bien un article complet l’été dernier, avant qu’il ne soit mis à la trappe par la direction ! Le quotidien du soir voudrait éviter la même erreur qu'Ebdo avait faite en publiant une enquête non étayée sur des accusations d'agressions sexuelles visant Nicolas Hulot. Le Monde préfèrerait également attendre avancée de l’enquête judiciaire et une éventuelle mise en examen pour publier ses articles...

La ligne de Télérama est davantage celle de la critique, de la réflexion et de l'analyse que de l'investigation. Nos lecteurs ne nous attendent pas sur ce terrain-là.

Samuel Douhaire, chef du service "Ecran" (rubriques ciné et média) à Arrêt Sur Images

Chez Télérama aussi la direction a préféré mettre au placard son enquête… Les journalistes du magazine se diviseraient en deux sur le sujet : « une génération de critiques ciné qui ne comprend pas ces histoires-là, qui défend la distinction entre l’homme et l’œuvre, et une génération plus jeune et plus sensible à ces questions. » L’hebdomadaire met aussi en avant sa ligne éditoriale pour balayer le sujet, tout en pensant sans doute aussi que l’affaire aller vite retomber…

Enfin, Brut, qui avait pourtant très largement couvert #MeToo, n'a jamais évoqué l'affaire Besson, préférant diffuser de la publicité pour ses films… La raison est simple : la société de production du média en ligne, baptisée Together Studio, est en partie détenue par Luc Besson. Ce dernier est aussi actionnaire avec 39% du capital de Brut, leader français de production de contenu journalistique sur les réseaux sociaux !

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