Quand la presse s’intéresse à tous les interdits #lois

Limites, censure et morale régissent notre société.


Deux magazines de presse ont publié en début d'année des enquêtes sur les interdits. Las de constater que toute activité humaine ou presque est sujette à des règles, des lois, des taxes, des limitations, ou encore des plafonds. Des interdictions en somme qui laissent à penser que notre société actuelle voit la liberté comme un véritable danger. Autrement dit, que nous ne faisons plus un bon usage de notre liberté.

Le Figaro Magazine daté du 23 février faisait sa Une sur « La société du tout-interdit ». Le supplément hebdomadaire revenait à travers un dossier de 10 pages sur « ces libertés qu’on nous enlève », n’hésitant pas à les remettre en doute. Et la liste est longue : réduction de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, la mise à l’écart progressive des véhicules diesel des grandes agglomérations, la taxe régulière sur le tabac, l’idée de la suppression de l’apparition de cigarettes dans les films, le développement du Nutri-Score sur les produits alimentaires pour faire diminuer l’obésité ou le diabète, la censure d’expositions consacrant des réalisateurs en plein scandale sexuel, la modification d’œuvres culturelles pour ne plus choquer, les polémiques dans les émissions de télévisions, l’augmentation du nombre de vaccins obligatoires, l’interdiction d’installer des boîtiers Wi-Fi dans les lieux d’accueil des enfants, etc.

La liberté de fumer est-elle devenue un luxe qui enrichit l’État ou un coût pour la santé publique qu’il n’ose pas combattre ?

Le Figaro Magazine

Nous avons relevé deux exemples, sans doute peu connu des automobilistes de sanctions étonnantes : jusqu’à 450 € d’amende pour un fumeur en présence d’un mineur dans une voiture et 135 € d’amende et une perte de 3 points pour un conducteur qui téléphone à l’arrêt, moteur arrêté, en dehors d’une place de stationnement.

Le Figaro Magazine s’amuse également à lister quelques normes françaises, qui concernent tous les domaines, mais qui élargissent les normes européennes déjà complexes : interdiction pour les couvreurs d’utiliser des échelles, escabeaux ou autres marchepieds comme poste de travail ; obligation pour les maires deveiller à ce qu’une maison ne soit pas distante de plus de 400 mètres d’un point d’eau ; interdiction pour les employeurs d’embaucher un CDD pour moins de 24 heures par semaine ; interdiction aux enseignants d’administrer le moindre médicament aux élèves, interdiction aux enfants de maternelle d’apporter des goûters …

Une société qui s’interdit la pluralité de pensée s’ampute d’une partie de sa capacité à imaginer le futur.

Robin Rivaton, essayiste

Valeurs Actuelles daté du 5 avril titrait en couverture « Arrêtez d’emmerder les français ! », une phrase que l’on doit à Georges Pompidou et qui a récemment été reprise par Emmanuel Macron. Au cœur de leur dossier de 14 pages : le poids des normes françaises et leur répercutions dans le développement et l’économie du pays. Ces normes il y en aurait près de 400 000, contre 10 500 lois et 130 décrets. Des règles qui peuvent ne pas forcément être adaptées, disproportionnées et même être contre-productives dans certains cas. Selon l’hebdomadaire, être conforme à toutes ces normes coûterait chaque année près de 3 points de PIB à la France, soit plus de 60 milliards d’euros !

Et comme la multitude des lois fournit souvent des excuses aux vices, en sorte qu'un État est bien mieux réglé lorsque, n'en ayant que fort peu, elles y sont fort étroitement observées.

Descartes. Discours de la méthode, Deuxième partie

Une complexité administrative qui touche particuliers et professionnels, dans tous les domaines, et qui se traduit aussi par des interdictions. Par exemple pour un agriculteur, il lui est interdit de traiter ses champs par temps de gel. Les paysans français font partie de ceux qui sont gavés, avec des normes européennes, des lois françaises, la loi avenir, la loi biodiversité, la loi transition énergétique, etc. En clair 449 nouvelles lois ont étouffé l’agriculture française en 5 ans.

Et si nous étions qu’à l’aube de ces règles sur les comportements ? Surtout si la France s’inspire de ce qui est pratiqué en Chine communiste. Ce pays a mis en place un « crédit social » qui distingue les bons des mauvais citoyens. Et gare à ceux qui outrepasseraient ce régime strict, ils se verraient alors privé de se déplacer librement (interdiction d’acheter un billet de train ou d’avion), et même d’améliorer leur situation sociale en étant blacklisté des sites de rencontre chinois…

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