Une enseigne fait censurer Challenges au nom du secret des affaires #censure

Le secret de la procédure plus fort que le droit à l'information ?


Le 10 janvier dernier le site internet de Challenges publiait un article sur les difficultés financières du numéro 2 français du meuble et ses conséquences. Mais surprise il y a deux semaines, le tribunal de commerce de Paris a ordonné en référé à l’hebdomadaire de retirer de son site l’article en question, au nom du secret des affaires et de la situation confidentielle. Le magazine se voit également interdire toute nouvelle publication sur la procédure de l’enseigne, « sous astreinte de 10.000 euros par infraction constatée ». Une décision qui prive ses lecteurs d’un sujet, que Challenges qualifie « d’intérêt général », tant il concerne de nombreuses entreprises et personnes liées de près ou de loin à ce magasin d’ameublement et de décoration.

Il nous a semblé, comme souvent dans des sujets que nous traitons, qu'il n'y a pas deux catégories d'observateurs de l'économie : ceux qui ont le droit de savoir ; et ceux qui sont maintenus dans l'ignorance. Raison pour laquelle nous allons interjeter appel.

Challenges

Quand une entreprise connait des difficultés et qu’il faut la sauver, la discrétion est légitime parce que la publicité ne fait qu’aggraver les choses. Les fournisseurs et les clients fuiront, et personne n’y gagnera.

Argument du juge, qui fait référence à la jurisprudence de la Cour de Cassation en 2015

La presse soutien Challenges.

Cette censure est jugée scandaleuse par de nombreux titres de presse, médias, pure players et associations. Ainsi Le Canard enchaîné, Le Monde, Les Echos, La Correspondance de la Presse, Arrêt sur images, Mediapart, France Inter ou encore l'association Reporters Sans Frontières ont tenu à soutenir Challenges à travers des articles et le collectif de journalistes « Informer n’est pas un délit ». Alors que le groupe de distribution est concerné par un scandale financier, relayé régulièrement dans la presse, l’un d’eux se voit privé de traiter ce sujet. L’argument sur le secret des affaires semble dans ce cas être une parade afin de faire taire les journalistes porteurs de mauvaises nouvelles.

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