Rencontre avec Guillaume Canet pour la promotion de son film Rock'n Roll ! #RocknRoll

L’acteur et réalisateur était présent à la Fnac des Ternes à Paris le 29 juin dernier.


A l’occasion de la sortie de son film Rock'n Roll en DVD et Blu-Ray, Guillaume Canet est venu à la rencontre de son public. Sansure était présent et vous retranscrit le meilleur de ses déclarations ainsi que les anecdotes de tournages inédites révélées par l’acteur.

Sur l’idée du film :

J’étais en interview avec une journaliste qui me disait, globalement, que je n’avais pas une vie très fun. Alors j’ai essayé de comprendre et elle me dit “ça ne fait pas rêver, les chevaux, la maison de campagne, les enfants, tout ça n’est pas très glamour”. Donc elle m’a un peu scié les jambes au départ. Mais cela me faisait quand même marrer, car c’est incroyable de voir cette nana qui ne me connait absolument pas, qui ne sait pas qui je suis, enfin elle m’a vu dans des films mais elle ne me connait pas, d’ailleurs pas beaucoup de gens me connaissent réellement en fait, et c’est un peu le sujet du film aussi, quand on croit connaitre les gens. En sortant de cette interview, je me suis dit c’est vachement intéressant. Tout le rapport à l’image, tout ce qu’on peut imaginer sur les gens, je trouvais cela très intéressant parce que souvent on dit que la notoriété fait changer les gens, et puis souvent aussi c’est le regard des gens porté sur ces gens-là qui change. Dans la société dans laquelle on vit, qui porte autant d’importance que cela à l’image, à l’apparence, cela faisait longtemps que je voulais faire un film sur ce mal qui est de vieillir, qui ronge les gens et qui les fait flipper. Avec Rock’n Roll j’avais envie de me marrer, de faire un film léger, parce qu’avec le temps on se rend compte que finalement plus rien n’a d’importance. Être Rock’n Roll aujourd’hui, pour moi, c’est d’être libre. Libre d’être qui on a envie d’être, c’est cela le message le plus important dans le film.

Sur la deuxième partie du film :

C’est étrange, c’est une partie qui a soit plu énormément aux gens qui ont aimé le film, parce qu’ils comprennent l’idée que je voulais mettre, c’est-à-dire jusqu’où est prêt à aller ce mec et surtout ce que cela raconte sur le monde vers lequel on va. Comment va-t-on devenir dans quelques années, peut-être on y viendra tous… Des robots. Déshumanisés en fait. Soit c’est une partie que les gens n’ont pas du tout aimé, je peux le comprendre et je l’accepte totalement. Parce que cela remue des choses en eux qui n’acceptent pas, parce qu’ils ont déjà commencé à être comme ça et ça les emmerdent qu’on en parle ! Il peut y avoir plein de raisons. C’est aussi une partie du film qui est moins comique et moins voyeuriste. Beaucoup de gens ont aimé la première partie parce qu’on est très dans du Voici et Closer. Après on part dans un film qui demande une autre réflexion, une autre distance par rapport au sujet. EN tout cas j’assume le film tel qui est et pleinement.

Sur l'écriture avec Marion Cotillard :

Avec Marion ce qu’il y avait de très compliqué c’est que je vis avec elle, au jour le jour, pendant qu’on écrit le film, et comme dans tous les couples y’a des hauts et des bas en fait ! Quand il y a des bas, qu’on arrive le matin pour écrire, et qu’on se dit « oh là quand il va falloir que je lui fasse lire ça… ». Neuf mois d’écriture et si quand elle le lit, elle me dit qu’elle n’a pas du tout envie de jouer ça, le problème c’est que je ne peux pas aller voir Cécile de France ! Je peux pas dire je suis en couple avec Cécile de France, ce n’est plus du tout l’histoire… Donc ça passe ou ça casse. De temps en temps je lui racontais un peu, le personnage, etc… Ce qui n’est jamais à faire d’ailleurs parce que hors du contexte ça part toujours à côté. C’était donc compliqué jusqu’au jour où elle a lu, j’étais terrifié, sur ce qu’elle allait découvrir, avec le risque qu’elle me l’envoi à la gueule en me disant « mais ça va pas, t’a craqué, on ne va pas raconter notre vie comme ça ! ». Mais si ce n’est pas complètement notre vie je vous rassure ! Elle a lu et à la fin elle m’a dit « il y a un énorme problème et c’est impossible », je lui réponds « quoi ? », elle me dit « le potager en février c’est impossible, il ne peut pas il y avoir de potager » !

Sur le casting et son producteur :

Tout le monde a accepté, tout de suite. La seule personne qui a refusé finalement c’est mon producteur Alain, qui ne voulait pas jouer son propre rôle. Il me disait « je ne suis pas acteur, je vais foutre en l’air la scène, ça va pas être drôle », il tenait bon, il ne voulait pas. J’ai essayé de faire un casting, j’ai rencontré des types, ça ne fonctionnait pas car c’était compliqué pour moi de voir que tout le monde jouait son rôle et pas lui. Un jour je reçois des coups de téléphone de Yvan Attal, que je ne connaissais pas et qui avait appelé mes proches pour dire « je veux vraiment jouer dans le film de Guillaume » et me dit « trouve moi un truc dans ton film ». Je lui dis « mais non y’a rien, je suis désolé », je raccroche et en raccrochant je me dis Alain Attal et Yvan Attal, en plus tout le monde les prend pour des frères. Je le rappelle je lui dis que j’ai peut-être une solution et que je le tiens au courant. Je rappelle Alain, je lui dis « tu n’auras rien à dire, juste tu es là, et c’est Yvan ton frère qui va dire tout le texte ». Yvan lit le texte, il adore. Sauf que le jour du tournage je l’ai un peu niqué car j’ai apporté à Alain le texte en lui disant qu’il avait quand même ça à dire ! Et il y a cette scène incroyable dans le film où il est derrière la vitre dans son bureau, où il hurle parce qu’il me voit en maxi-tête.

Sur la participation de Johnny Hallyday :

Avec Johnny cela s’est passé de manière hyper simple. Quand on a commencé à parler dans l’écriture de cette visite au roi du rock, au-delà de la musique niveau rock il se place là quand même, je l’appelle pour savoir si l’idée lui plait. Je lui raconte et il me dit oui, « ok je le fais ». Je lui dis « attends, je vais écrire, tu vas lire le scénario… », « non, je le fais » il me répond ! Je lui envoi le scénario, pas de nouvelles, et un jour j’appelle quand même Læticia « écoute je suis emmerdé, est-ce que Johnny a lu ? ». Elle me répond « Oui oui bien sûr, il t’avait dit oui, c’est bon ». A mon avis il avait pas lu ! Je me suis pointé chez lui pour faire une lecture, il était à donf, hyper content. Il avait adoré le film Mon Idole et on s’était rencontré à cette occasion, parce qu’il m’avait invité à diner chez lui. C’est un barjo de cinéma Johnny. Il se lève le matin, enfin l’après-midi, et il mate des films toute la journée. Il a toujours été passionné par le cinéma. Donc c’est assez émouvant, car on voit un type qui a tout fait, je ne sais combien de concerts, de disques, c’est incroyable ce qu’il a parcouru, arriver sur le plateau avec une petite angoisse, c’est un truc qui le fait vraiment vibrer. Ce qu’il dégage, ce qu’il amène sur le plateau, on a une équipe impressionnée de 60 personnes qui le voient rentrer, et qu’on aime ou pas Johnny, il se passe un truc. Il a été super disponible. Ce qui est dingue c’est, qu’à son âge, il faisait la journée de tournage et le soir il prenait un avion privé pour aller chanter à Barcelone. On le dirige comme un autre acteur, il écoute, il est concentré, et surtout j’étais halluciné de l’auto dérision qu’il a eu. La seule chose qui m’a faite flipper pendant le tournage de ce film cela a été ça, le jour où j’allais avoir Johnny. Car j’étais dans une force d’inconscience et d’insouciance, j’avais vraiment envie de m’éclater. Deux jours de tournage avec lui, qui n’ont cessé de bouger dans le plan de travail, jusqu’au dernier moment je me suis demandé s’il allait venir. Les scènes se faisaient au fur et à mesure, il se mettait à chanter, c’était dément ! C’était un soulagement de me dire que c’était dans la boite. C’est grâce à Læticia qui est formidable, qui est d’un soutien pour lui, c’est une femme extraordinaire. Elle est à ses côtés tout le temps, ils sont très touchants et très émouvants à voir.

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