Les contre-vérités du débat présidentiel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ! #2017LeDebat

La vérité sur leurs imprécisions et inexactitudes.


Mercredi soir devant plus de 16,3 millions de téléspectateurs toutes chaînes confondues, les deux finalistes à l’élection présidentielle s’affrontaient lors du débat d’entre deux tours. Un débat très agité, ponctué d’attaques verbales, et des confusions sur de nombreux sujets. Retour sur une sélection d’affirmations avec un fact-checking :

Le Pen : “Vous avez été ministre de l'Economie quand SFR a été vendu à Patrick Drahi.”
La réalité : Macron n'était pas ministre de l'Economie, mais secrétaire général adjoint de l'Elysée. Par la suite, il s’est opposé publiquement au rachat de Bouygues par SFR-Numericable.

Le Pen : “Vous avez vendu les Chantiers de l'Atlantique aux Italiens.”
La réalité : Face à une seule offre, le gouvernement a donné son accord de principe à la reprise de ces chantiers par l’opérateur italien Fincantieri. L’Etat français a échoué son approche auprès des sociétés françaises à racheter les chantiers, et sans Macron qui n’était plus ministre au moment de cette reprise.

Macron et Le Pen : Les deux ont attribué à la loi Taubira la possibilité d'aménager les peines de prison ferme de moins deux ans.
La réalité : Cela a été introduit par la loi Dati de 2009, durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. La loi Taubira de 2014 a en revanche intégré la contrainte pénale et supprimé les peines plancher.

Le Pen : “Votre Union européenne, c'est 9 milliards d’euros par an.”
La réalité : La participation nette française au budget de l’UE est de 4,5 milliards d’euros pour l’année 2015, auxquels il faut ajouter les ressources propres traditionnelles (droits de douane, cotisations sur le sucre, etc.), directement versées à l’UE, qui représentaient 1,6 milliard d’euros en 2015, soit un total de 6,1 milliards et non 9 milliards.

Le Pen : Elle a affirmé que les entreprises françaises pouvaient payer leurs homologues européennes en ECU, ancêtre de l'euro, dans les années 90.
La réalité : C'est faux il n'a jamais été utilisé par des acteurs privés pour des échanges internationaux. Créé en 1979 dans le cadre du système monétaire européen (SME), l’ECU était un panier de monnaies destiné à stabiliser les taux de change entre les différentes monnaies européennes.

Le Pen : “De 1993 à 2002, toutes les grandes entreprises françaises pouvaient payer en euros.”
La réalité : Raté, la monnaie commune a existé que de 1999 à 2002, pendant la transition des monnaies nationales à l’euro, avec des taux de change fixes de celles-ci vers la nouvelle monnaie.

Le Pen : “L’euro a eu des conséquences très lourdes sur le pouvoir d’achat des Français. Sa mise en place a entraîné une augmentation spectaculaire des prix.”
La réalité : D’après les chiffres de l’Insee, l’indice des prix à la consommation a augmenté régulièrement depuis le début des années 2000, et est même linéaire depuis 1990. L’entrée en vigueur de l’euro ne constitue pas une raison valable bien que certains prix ai été arrondis.

Macron : “Il y avait plus de chômeurs dans les années 1990 qu'aujourd'hui.”
La réalité : C'est faux sur le nombre de chômeurs (2,622 millions au deuxième trimestre 94 contre 2,783 millions fin 2016), mais c’est vrai avec le taux de chômage (10,4% au deuxième trimestre 94 contre 9,7% fin 2016).

Le Pen : Elle a taclé Macron d'avoir comme conseiller santé un lobbyiste du laboratoire pharmaceutique Servier, et revenue sur le soutien scandaleux de Mohamed Saou, référent d’En Marche dans le Val d'Oise, soupçonné de liens avec l'islamisme.
La réalité : Jean-Jacques Mourad a démissionné en mars de son équipe après des révélations sur un possible conflit d'intérêt avec Servier et Mohamed Saou a été mis en retrait de ses fonctions.

Le Pen : “Vous êtes en train de créer des filières de GPA à l’étranger.”
La réalité : La candidate a déformé des arguments de La Manif pour tous. C’est la reconnaissance de la citoyenneté française des enfants nés de GPA à l’étranger que Macron acte dans son programme, et n’a pas le choix puisqu’il s’agit d’une jurisprudence européenne à laquelle La France doit se conformer.

Le Pen : “Il faut que l’on expulse tout de suite les fichés S étrangers sur notre territoire. Tous ceux qui ont un lien avec le fondamentalisme islamiste, dehors !”
La réalité : la décision d’expulsion ne peut se faire qu’en fonction d’une appréciation individuelle de la menace. En clair, un fiché S peut être expulsé s’il représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public » sur ordre du préfet ou dans certains cas du ministre de l’intérieur. En « urgence absolue » la procédure demande de convoquer la personne concernée dans 15 jours devant une commission avant de prendre une décision. Et il est toujours bon de rappeler que les fichés « S » regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques.

Le Pen : “J’espère que l’on n’apprendra pas que vous avez eu un compte offshore aux Bahamas...”
La réalité : Deux heures avant le débat, une fausse information sur ce sujet est relayée par des comptes pro-Trump puis pro-Russe sur les réseaux sociaux. En reprenant cette rumeur, la candidate FN s’appuie donc sur de la propagande Russe. L’équipe de Macon a annoncé son intention de porter plainte.

Encore plus de décryptages sur l’article complet des Décodeurs du journal Le Monde :

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