Les conditions inhumaines à la prison de Fresnes ! #prison

Hygiène déplorable, lieux indignes et rats qui grouillent


Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, a publié au Journal Officiel des recommandations urgentes sur les conditions de détentions à la prison de Fresnes. Son texte, qui fait suite à une visite de 12 contrôleurs début octobre, pointe d’abord les conditions d’hygiène lamentables : punaises dans les lits, murs recouverts de moisissures et de crasse, les détenus obligés d’uriner dans des bouteilles qu’ils projettent par-dessus le mur de la promenade en raison de l’absence de toilettes, sans oublier les innombrables rats. Cette année, 2 cas de leptospirose, une maladie infectieuse liée à la présence des rats, ont été signalés à l’Institut national de veille sanitaire et un gardien a dû prendre un traitement préventif après avoir découvert un rongeur dans son lit.

L'odeur persistante de leur pelage, de leurs excréments et de leurs cadavres s'ajoute à celle des amas d'ordures qui jonchent le pied des bâtiments. Cette pollution contribue du reste elle-même à entretenir la présence des rongeurs ; elle résulte certes en partie d'actes d'incivilité, mais aussi d'autres facteurs tels que la promiscuité en cellule, l'absence de réfrigérateurs ou la taille insuffisante des poubelles. Les mesures nécessaires pour prévenir et traiter cette pollution ne sont pas prises.

Au sujet des rats

Climat de tension

Les agents pénitentiaires, en sous-effectif et stagiaires pour quelque 70% d’entre eux, n’ont pas les moyens de répondre aux multiples sollicitations. Et avec une surpopulation à 2 989 personnes à Fresnes et donc qu’un seul surveillant pour 120 détenus, l’usage de la force est banalisé et immédiat. Tout comme le tutoiement, les insultes et les fouilles au corps. Dans ce climat, les bagarres entre prisonniers et traumatismes physiques sont également réguliers. Plusieurs pièces à risques ont été relevées : les douches fermées et sans surveillance, la promiscuité des salles d’attente et les cours de promenade. Dans ces derniers, les détenus sont entassés avec un seul surveillant pour une douzaine de cours, alors qu’il ne peut en voir que 2 ou 3 simultanément et sans vidéosurveillance.

Intervention de l'État

En constatant une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté, au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, la contrôleuse souhaite une action de l’État. Jean-Jacques Urvoas, ministre de la Justice, a rappelé qu’un projet d’élargissement du parc pénitentiaire était en cours et que 3 nouvelles maisons d’arrêts sont en projet en Ile-de-France. Tout en indiquant mettre fin au système de fouilles intégrales systématiques, la baisse des violences en 4 ans (de 17% en 2012 à 6% en 2016) et qu'un programme de dératisation et de désinsectisation d’une ampleur exceptionnelle était enclenché...

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