40 tonnes de cannabis importées en France avec la complicité de la police ! #stups

La saisie record de 7 t de cannabis en octobre 2015 à Paris, n’était que l’arbre qui cachait la forêt.


Le scandale des stups prend une dimension considérable : un trafic d’État ! Libération a pris connaissance de documents confidentiels liés à l’enquête judiciaire, qui révèlent que sous couvert d’une opération d’infiltration secrète baptisée « Janissaire », afin de démanteler des réseaux de trafiquants, l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants a directement supervisé l’importation d’au moins 40 tonnes de cannabis !

L’opération Janissaire : mettre en œuvre pour la première fois en ­Europe une logistique complète d’importation de stupéfiants pour éradiquer plusieurs réseaux d’acheminement en un seul dossier judiciaire.

Note confidentielle de la Direction Centrale de la Police Judiciaire d’avril 2015

Pire, ce procédé risqué et top secret a été muri au plus haut niveau de la hiérarchie policière, sans le consentement du contrôle judiciaire… Dans ce type d’opérations, ce sont habituellement que quelques centaines de kilos de cannabis qui sont nécessaire aux stups pour amorcer des dealers et non quelques tonnes. De hauts responsables policiers, bien au courant de l’opération des 40 tonnes, vont bientôt devoir s’expliquer devant l’Inspection Générale de la Police Nationale (police des polices). Une affaire qui concerne la police française, mais aussi les services espagnols, marocains et algériens. Ainsi début octobre 2015 à Barcelone, un Magnum Renault de 40 tonnes, immatriculé 2500 GBZ, rempli jusqu’à la gueule de résine de cannabis arrive de Tanger. La suite du parcours de la drogue est incroyable mais vrai :
 

Le camion franchit ensuite les Pyrénées dans le cadre d’une « ouverture frontière » accordée par le parquet de Perpignan, dans le cadre d’une procédure distincte. La marchandise est ensuite réceptionnée à Vénissieux, à côté de Lyon, où elle est déchargée dans un entrepôt en présence de deux agents du Siat, sous le contrôle permanent de l’Ocrtis. Deux premières équipes viennent d’abord récupérer une partie de la marchandise, environ 4 tonnes. Le reste de la drogue remonte le lendemain à Paris à bord de deux camions, convoyés par cinq voitures reliées par une flotte de téléphones. Le cannabis est alors stocké dans un pavillon d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), avant d’être dispatché entre Mulhouse, Nantes et le boulevard Exelmans, où plus de 7 tonnes sont entreposées dans des camionnettes.

Libération

Le 17 octobre 2015 la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières met fin à l’opération sans le savoir en saisissant les 7 tonnes de résine à Paris ! Le Président de la République applaudira le « coup fatal » porté aux trafiquants, mais François Hollande ignore que la drogue fait partie d’un lot de 40 tonnes entré sur le territoire avec la complicité de policiers français mêlé à une guerre des services ! Comment une telle quantité de drogue a-t-elle pu être en France sans aucun contrôle judiciaire ? A qui cette résine était-elle destinée pour l’opération « Janissaire » ? Bon courage à la justice...

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