Entre la condamnation d’une élue régionale et d’un SDF, l’incroyable justice à deux vitesses ! #Justice

Deux affaires, deux condamnations, mais surtout deux poids, deux mesures


Prenez le jugement d’un sans-abri condamné pour vol avec effraction et celui d’une élue régionale condamnée pour détournement. Dans les deux affaires aucune référence sur leur statut ou métier, cela peut parfois jouer en faveur de l’accusé(e) ou non. Dans les deux affaires les verdicts sont incroyables. Un bel exemple de la justice à deux vitesses, révélé par nos confrères de France 3

2 mois de prison ferme pour de la bouffe

Le 12 mai dernier le tribunal correctionnel de Cahors a condamné à 2 mois de prison ferme un jeune homme de 18 ans et demi, qui vivait dans la rue et dormait sous une tente. Il était poursuivi pour avoir volé du riz, des pâtes et une boîte de sardines dans une maison de Figeac, dans laquelle il s'était introduit en cassant une fenêtre. Face au tribunal il a justifié son geste en affirmant qu’il "avait faim" et qu’il s’agissait d’un vol "par nécessité", ne volant rien d'autre dans la demeure. L’habitant n'avait d’ailleurs pas porté plainte contre le SDF, le carreau cassé étant remboursé par les assurances. L'avocate du prévenu, Maître Adeline Nesliat-Delhaye avait demandé la relaxe, en vain…

J'ai rappelé la jurisprudence en matière d'état de nécessité. J'ai fait référence à un nouveau chapitre des "Misérables" de Victor Hugo, où Jean Valjean est condamné à 20 ans de bagne pour avoir volé un pain. En 2016, ce n'est pas le bagne mais cela reste révoltant !

Maître Adeline Nesliat-Delhaye à France 3 Midi-Pyrénées

4 000 euros pour 356 415 euros détournés

Le 24 mai dernier la chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Montpellier sanctionne Béatrice Négrier, une élue régionale. Elle écope d’une simple amende de 4 000 euros pour le détournement de 356 415 euros, à son profit afin de combler des découverts sur ses comptes bancaires personnels. De plus, à sa demande, le juge a accepté la non-inscription sur son casier judiciaire de la condamnation. C’est évident qu’une inscription ce n’est jamais bon et peut nuire à la reconversion professionnelle. Madame Négrier en sait quelque chose : elle s’occupe de cela au Conseil Régional, cela aurait donc fait tâche dans la fonction publique ! Mieux encore, si la condamnée règle le montant dans le délai d’un mois à compter de la date du jugement, elle bénéficie d’une diminution de 20% de la somme à payer ! Soit une amende à 3 200 euros « seulement »...

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